Législation sur les éléphants dans les cirques
De nombreux pays ont légiféré afin de protéger les éléphants dans les cirques. Du fait de l'impossibilité d'offrir aux éléphants des conditions convenables dans les cirques, plusieurs pays ont interdits la présence de ces animaux dans les ménageries.
Ainsi la Bolivie, le Brésil, le Costa Rica, l'Estonie, la Hongrie, Singapour ou dernièrement le Portugal et la Chine ont prohibé l'utilisation de l'éléphant.
En novembre 2009 - l'Inde a décidé de mettre fin à la captivité des éléphants dans les zoos et les cirques. Les animaux seront déplacés des parcs et des sanctuaires danslesquels les animaux pourront vivre plus librement. La décision concerne environ 140 éléphants dans 26 zoos et 16 dans les cirques pays, a déclaré B.K. Gupta, un agent au zoo de Central India's Authority ...
En Belgique et en France par exemple, les législations définissement des normes de détention.
> Voir les différentes législations sur les animaux dans les cirques
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Le dressage des éléphants
Coercition et chantage
Le dressage des éléphants dure entre 2 et 3 ans, il s’agit donc de soumettre l’animal pour l’habituer à effectuer un certain nombre d’actions. Cette période d’apprentissage débute lorsque l’animal est sevré. Le dressage se base sur la domination. Le dresseur s’impose en dominant du groupe et maintient la subordination de l’éléphant par le biais de la punition physique et psychologique.
Bucky Steel, propriétaire d’un ranch d’éléphants au Texas explique les différentes étapes du dressage d’un éléphant :
• « Dressage en écurie » : Cette période « d’imprégnation » permet d’habituer l’animal à la circulation du public, aux éclairages, à la musique et à toutes les contraintes associées à ces démonstrations. Cette période de pré-dressage est tout à fait hypothétique dans les cirques français, les éléphants étant souvent dressés dans les quartiers d’hiver.
• De la soumission à la coercition... :
B. Steel insiste sur la nécessité d’aider l’éléphant à surmonter son instinct de conservation primitif et lui apprendre à vous faire confiance et à se sentir à l’aise. Il reconnaît qu’au cours du dressage la plupart des éléphants deviennent nerveux et font des saletés... Cette nervosité et cette peur seraient non seulement liées à la perte des repères inhérents à la nature même de l’animal (groupe social notamment), mais également aux méthodes utilisées pour plier l’éléphant au bon vouloir du dresseur. L’enchaînement est pratiqué quotidiennement, l’éléphant ne sera alors abreuvé et nourri qu’une fois attaché. Cette méthode de coercition est couramment utilisée en France. L’étape suivante consiste à apprendre à l’animal à lever le pied pour mettre la chaîne avant, puis à reculer pour mettre la chaîne arrière. Lui apprendre à reculer nécessite l’utilisation d’un « crochet »...
Le public émerveillé par les numéros de trapézistes et de clowns est loin de s’imaginer la violence qui se cache derrière le strass et les paillettes. Aussi, est-il nécessaire de camoufler au mieux cet instrument de torture. Il est donc d’usage de le recouvrir de petites lanières – lui donnant ainsi l’apparence d’une fleur...
Des numéros « contre-nature »
Se coucher Apprendre à un éléphant à se coucher, c’est lui apprendre une position « contre-nature ». Cette position étant une mise à découvert de l’animal qui ne peut alors plus se défendre. Il est donc nécessaire d’utiliser des câbles ou des cordes pour imposer cette position à l’éléphant.
Le poirier « Des tests ont montré que chez un mâle asiatique mesurant 2,90 mètre au garrot et pesant 4,2 tonnes, le poids est réparti sur la surface de contact avec le sol de telle sorte que chaque centimètre carré ne supporte qu’une pression de 600 g» Le poids conjugué de la nuque, de la tête, de la trompe et des défenses sur les membres antérieurs rend par conséquent très difficiles les descentes. Les éléphants se laissent donc glisser. La position du poirier est une posture très dommageable pour les articulations, tout le poids de l’animal étant concentré sur ses deux pieds avant.
Les Dr Helmut Pechlaner et Harald Schwammer considèrent que « Ces positions peuvent causer des blessures aux articulations et aux disques intervertébraux des éléphants adultes, ainsi que des fissures dans les ongles. Quant aux exercices d’équilibre, ils peuvent être à l’origine de dérangements moteurs dans les articulations du coude et du genou »
Cette posture étant étrangère et douloureuse pour l’animal, elle ne peut être obtenue que par la force. La douleur assénée par les coups de pique doit alors dépasser en intensité la douleur de la posture elle-même.
Marcher sur les « genoux » Le dresseur Pedro Marceau impose une position qu’il qualifie lui-même de « très difficile pour les éléphants». Samba, chevauchée par une femme, tremble sur ses genoux ..., la position est douloureuse. Mais le dresseur, une pique à la main, ne lui laissera pas l’opportunité de présenter un refus. Selon Martin Saller et Karl Gröning (1998), « le simple fait de s’agenouiller sur les deux pattes représente une forte contrainte pour les articulations et la colonne vertébrale de l’éléphant »
Sur les pattes arrières Même si occasionnellement dans la nature, les éléphants se dressent sur les pattes arrières pour attraper des hautes branches, la répétition de cet exercice dans les cirques peut conduire à de sérieux problèmes de santé particulièrement douloureux pour l’animal : enflures des articulations, bursite et épanchement autour du coude...
S’asseoir Faire asseoir un éléphant conduit à une pression excessive sur le diaphragme pouvant causer une hernie « en quel cas la paroi musculaire se rompt et les organes internes sont poussés à travers cette déchirure. C’est un état grave qui peut entraîner la mort si les organes concernés par le prolapsus (intestins, vessie, utérus) subissent un étranglement et se nécrosent».
Cette pression interne causée lors de ces exercices est bien connue des dompteurs dans le milieu du cirque, ceux-ci font commande couramment à leurs éléphants de déféquer avant d’entrer en piste pour éviter que cela n’arrive pendant le numéro» En Inde, la position debout sur les pattes arrière ou sur un objet sphérique est interdite selon la législation sur la prévention de la cruauté envers les animaux. Or en France, ces numéros d’équilibre sont répandus dans tous les cirques utilisant des pachydermes.
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Selon Kuntze qui a suivi de nombreux éléphants dans les cirques, le diagnostic de nombreuses affections est le résultat des comportements contre-nature imposés aux pachydermes, exigeant pression continue ou un sur-effort sur une partie du corps. L’usure et le déchirement prématuré des jointures, tendons et jambes seraient la résultante des exercices impliquant la tenue sur une jambe ou la formation d’une pyramide. Lindau confirme que ces positions sur les pattes antérieures ou postérieures peuvent entraîner des boitements et être particulièrement dangereuses pour les jeunes éléphants Nombre de ces animaux meurent prématurément des suites de complications aux niveaux des membres.
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Sabbah & Dehli - cirque Pinder (Franck Schrafstetter/One Voice)
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Extrait et références du rapport "les éléphants dans les cirques" (Franck Schrafstetter/OneVoice) 2004
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La détention des éléphants
Un animal grégaire :
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Eléphants Tanzanie / Ph. De Almeida
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Les éléphants ont une vie sociale très organisée. Se déplaçant en troupeau de plusieurs dizaines d'individus, la harde est généralement assez stable et s'organise autour d'une matriarche.
Cette vie hautement grégaire induit une communication avec les congénères par contact tactile et olfactif notamment.
Dans les cirques, les éléphants n'ont pas la possibilité de reconstituer cette vie sociale, étant soit détenus seuls, soit enchaînés au sol ou dans un camion.
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Exemples d'éléphants détenus seuls en France :
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Kenya, avant sa libération en 2009
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Samba (International cirque Europe)
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Indra (Cirque Maximum)
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Des « nomades » :
Ces animaux vivent sur de vastes territoires pouvant atteindre 1500 km2. Leur anatomie est adaptée au nomadisme, la moyenne des déplacements quotidiens étant de 17km.
Les sorties quotidiennes sur la piste ne sauraient être suffisantes afin de répondre aux besoins de mobilité de ces géants.

Les attaches sont fréquentes et les immobilisent totalement. Les pachydermes « tissent » (stéréotypie) afin notamment de substituer ce manque de déplacement car comme le stipule le biologiste Henri Laborit « un système nerveux c'est fait pour agir (1)».
Cirque Médrano.
L'European Association of Zoo and Aquaria (EAZA) recommande 400m2 pour 3 éléphants en plus de l'espace intérieur. Préconisation, qui bien que très loin de la réalité des cirques, serait encore 60 à 100 fois trop petit selon des spécialistes du département de zoologie de l'Université d'Oxford (2).
Hygiène et plaisir :

Que ce soit en Afrique ou en Asie, dès qu'ils le peuvent, les éléphants sont en contact avec l'eau. Ils boivent fréquemment et en quantité (80 à 160 litres par jour). L'eau est également une composante importante dans la vie sociale et pour l'hygiène de l'animal : les bains pouvant durer plus de 2 heures chaque jour. De plus, les bains de boue et de poussière sont une protection contre les parasites, mais également une protection efficace contre les coups de soleil.
Dans les établissements itinérants, il est coutume de dire (dixit) qu'« un éléphant qui boit est un éléphant qui pisse ! », or les personnes du cirque ne veulent pas prendre le risque de voir la piste inondée, de ce fait, les animaux ne sont abreuvés que très tôt le matin et tard le soir après la dernière représentation. L'accès à la baignade est inexistant. Toute cette composante de la vie sociale et physiologique des éléphants est ignorée.
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3 éléphants du cirque A.Fratellini présentant d'importants troubles du comportement.
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QUE SIGNIFIENT CES TROUBLES DU COMPORTEMENT ?
Selon Mac Bride et Craig (3), ces comportements stéréotypés sont les « manifestations d’un échec à s’adapter de façon appropriée, et peuvent donc acquérir valeur de critère pour l’adéquacité des environnements d’hébergement au long cours pour les animaux. »
Selon I.Hannier (4), ces troubles du comportement sont des «marqueurs des états de mal être chroniques». Selon F.Wemelsfelder (5), "les stéréotypies sont la preuve de l'existence d'une souffrance chronique".
Selon le Dr Marie-Claude Bomsel (6): "Un mouvement stéréotypé c'est dû au fait qu'on ne peut exprimer son répertoire comportemental, donc on le fait de façon partielle et après ça s'inscrit vraiment dans le système nerveux et on le fait comme un passage à vide, presque pour ne pas penser, une espèce de pansement du système nerveux du cerveau et qui permet de supporter l'insupportable, un vide absolu, le néant total."
Le zoologue Fred Kurt considère que ces mouvements stéréotypiques chez l’éléphant peuvent être apparentés à la folie humaine…
Quand aux zoologues du zoo de Vienne, ils concluent leur étude sur la captivité des éléphants dans les cirques : "Pour les raisons que nous venons d'exposer, et en particulier à cause de leurs caractéristiques biologiques entraînant un comportement social très développé, il est impossible pour les cirques de détenir des éléphants dans des conditions en accord avec les besoins de chaque animal. Une autre raison de rejeter la détention des éléphants dans les cirques est le fait qu'ils sont une espèces menacées (7) "
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(1) LABORIT Henri, « The major mechanism of stress, Methods and Achievements in experimental pathology », basel, Karger, 1991
(2) CLUBB Ros and MASON Georgia, , A review of the welfare of zoo elephants in Europe, Université d'Oxford / RSCPA, 2002
(3) BRIDE Mc, GLEN & CRAIG, J.V., « Environmental design and its evaluation for intensively housed animals» in Bresard B., 1985. (4) HANNIER I., in le point vétérinaire vol.26 n°165, février 1995.
(5) WEMELSFELDER, F., “The concept of animal boredom and its relationship to stereotyped behaviour” in : Lawrence, A.B. & Rushen, J. (Éds). Stereotypic Animal Behaviour. Fundamentals and Applications to Welfare. CAB International, U. K.,1993. Images filmés dans la ménagerie du cirque Arlette Grüss en septembre 2005.
(6) Interview du Pr Bomsel - 30 millions d'Amis - 01/02/2009
(7)SCHWAMMER Harald Dr, PECHLANER Helmut Dr, GSANDTER Hermann, BUCHL-KRAMMERSTATTER Dr, Guidelines for keeping of wild animals in circuses, Vienne 1996. |
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